"Pessimisme de l’intelligence, optimisme de la volonté".
Gramsci
Volontairement j’utilise dans mes articles un vocabulaire teinté d’optimisme et d’une détermination positive. J’entends déjà les commentaires qui taxeraient hâtivement mon discours de deux travers : celui du langage politicien formaté qui apaise pour endormir, et celui plus dangereux de l’imbécile heureux qui rêve un monde manichéen et sans entraves.
Je ne crois pas que le monde puisse être sauvé par une seule volonté aussi audacieuse soit-elle. Cependant la résignation et l’inaction ne sont pas dans mon caractère.
Il s’agit en réalité dans mes précédents écrits de pensées inachevées, tronquées de leur complexité. Ce blog n’a pas la vocation d’exprimer mes idées de façon exhaustive. Disons qu’un concentré de mes réflexions apparaît ici, réduit par le canal même. J’exprimerai en temps et lieu voulus mes opinions marquées. Cependant je crois que le dialogue est constructif quand en toute franchise il s’exprime, clair et calé dans un échange régulier. Je voudrais ainsi simplement décrypter et analyser les avenirs qui s’annoncent (et ne pas croire inévitables les problèmes), et, simultanément, évaluer et activer la possible émergence de mouvements novateurs auxquels je crois fermement. Autrement dit, sans négliger le questionnement, sans oublier l’indispensable mesure des failles qui rythment le mouvement d’une réalité locale complexe, je pense mes convictions politiques en termes de gageure et d'intégrité. A l’opposé du fatalisme menant au renoncement, contraire de la même façon à l’optimisme béat, je voudrais orienter le pessimisme ambiant qu’une crise mondiale et qu’un volcan lointain dérèglent vers l’affirmation que les pires peuvent toujours être évités. Par notre vigilance, notre éveil intellectuel et créateur d’actions concrètes pour éventuellement provoquer d’authentiques avancées vers un monde sinon meilleur, du moins cohérent et lucide. Mes motivations sont sincères, poussées par des évidences, par l’attention quotidienne que j’accorde à la société qui change. Politiquement dans un climat confus et agité, je cherche une clairière et son cheminement. Ce sont, je le sais, des routes ardues, des luttes sans confort. C’est surtout une avancée qui se doit d’être solidaire.
« Le plus grave désespoir qui puisse s'emparer d'une société est de douter que vivre honnêtement soit encore utile. »
Corrado Alvaro
Depuis longtemps, l’acte du devenir est ma bannière. Je parle ici de l’avenir d’une île particulière par son Histoire, sa culture, sa position même dans
Je me dois donc de réfléchir constamment sur les désirs profonds des citoyens de cette société à laquelle j’appartiens et qui anime mes feux les plus anciens, sur ce qui circule dans les âmes de mes contemporains, cette volonté de fer qui a plié les pires moments, et qui même quand elle ne vote pas, ne se tait pas, et espère. J’entends une densité de pensées, j’écoute ce brouhaha compact et je pense que doivent s’élever maintenant des voix qui les représentent sans les conformer, qui doivent dire sans trahir et proposer autre chose que du langage informel, des promesses, des privilèges faciles et éphémères. Les citoyens ne veulent plus être des consommateurs de politique, ils exigent d’en être aussi les acteurs.
C’est une lutte difficile que celle d’un homme engagé : désir d’être à l’unisson des attentes habituelles, des peurs communes et tristement banales : chômage, violence, exclusion, fragilité des anciens conforts, avenir des nouvelles générations. Dans une attention constante des réalités qui nous intéressent tous, concrètement : santé, éducation, droit au travail, à la culture…
Je me sens donc quelque peu prisonnier d’une contradiction : mon discours, mes réflexions tendent vers l’universel mais il se trouve situés dans le conjoncturel de cette terre et de ses conflits internes. On n’attend pas seulement d’un homme engagé des réflexions profondes sur le monde qui nous assaille et nous bombarde d’évidents et perpétuels questionnements. Mes interrogations et mes idéaux pourraient sembler « au-dessus de la mêlée ». Ils ne le sont en aucune façon, ils forment au contraire une direction, des idées concrètes qui s’énoncent simplement par des projets à la fois ambitieux mais inscrits dans une réalité logique et régionale.
Les citoyens attendent qu’on leur parle de valeurs, qu’on leur propose l’image d’un groupe en cohésion qui fonde ses forces vers des intentions claires. Au-delà des mots et des questions, ce qu’il faut au peuple, c’est de l’action, une action qui lutte réellement contre ce sentiment que j’entends trop souvent, celui défaitiste et désespérant de l’"à quoi bon", qui décourage l'avenir et ne promet jamais. L’apathie générale ou la révolte systématique ne sont pas des solutions constructives. L’indignation peut être de mise, mais elle doit devenir un effort positif vers le changement.
Je ne crois pas que la politique soit une affaire sale et loin des problèmes du quotidien. Sur la base de l’honnêteté, il y a la place pour de nouvelles volontés agissantes et positives.
" Le vent redresse l’arbre après l’avoir penché "
Charles De Gaulle
On dit « entrer en politique » comme on entre dans une maison, une famille.Il s’agit ensuite d’un exercice constant, un œil qui s’exerce à voir le monde et l’actualité sous un angle particulier. A la fois dans une forme de lucidité, d’étude, de concentration, mais aussi une perpétuelle curiosité et une soif inextinguible.De comprendre, de s’engager, de s’unir.
Si on a été constant, fidèle à des idées, on ne sort jamais de cet état sensible, on s’adapte aux revirements constants, on ne se soumet jamais, ni ne se résigne.
Les lendemains ont les couleurs d’hier mais teintés d’expériences, de rebonds, de réflexions que le recul impose et enrichit.L'engagement d'un homme devient alors son empreinte et la trace même de ses avenirs. Un pas en avance sur son propre chemin.On ne se jette pas dans des combats pour en sortir au premier virage, au contraire, les échappées sont belles de promesses.
En politique, le devenir est plus important que le constat.
Non vraiment, partir n’est pas une pénitence, c’est une leçon, celle des hommes qui acceptent et entendent. Pour mieux reconstruire.
Vous êtes de plus en plus nombreux à consulter ce blog et je vous en remercie. Cet espace a désormais vocation, compte tenu de ma nouvelle situation, à devenir plus libre et moins institutionnel. Ce n’est donc pas seulement un changement de design mais un bouleversement de ton qui animera ma plume. Du reste, je veux croire que cela répond en grande partie à l’attente de notre famille : on ne saurait rester sourd à ce qui vient de se passer. Je ne manquerai donc pas au-delà de cette tribune de prendre avec d’autres les initiatives auxquelles nombre d’hommes et de femmes m’invitent car il y a une volonté profonde de faire de la politique autrement. Faire écho à ce désir est un devoir, une responsabilité en même temps qu’un noble défi...

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